Cissouma Korotoumou Traore (Mali)


« J’ai compris que nous n’accéderons à une bonne qualité de vie que lorsque la santé sera devenue un acquis, que les femmes de mon pays auront pris conscience de leur rôle dans la prise de décision politique ».

Cissouma Korotoumou Traore préside l’Association de Solidarité des Femmes du Minianka, une ethnie du Sikasso. L’organisation défend également les intérêts des femmes du Sikasso issues d’autres groupes ethniques. Connue pour son courage manifeste, Cissouma a évolué pendant toute sa carrière professionnelle dans la sphère des affaires sociales. Elle était membre de l’office régional de l’Union nationale des femmes maliennes, sous la seconde république, et présidente de la Coopération multifonctionnelle des femmes du Sikasso (CMFS).

Cissouma Korotoumou Traore est Bambara et son mari est Minianka. C’est par lui qu’elle a découvert le monde des Minianka. Pour les Maliens, ce mariage prouve que les différents groupes ethniques peuvent vivre en harmonie et en s’intégrant parfaitement. Loin d’être une bureaucrate coupée du monde, elle aime entrer directement en contact avec les gens. Cissouma tient régulièrement des réunions et conseille les couples et les familles pour leur permettre de mieux appréhender la complexité des relations humaines. C’est avec tact qu’elle travaille auprès de l’ensemble de la communauté, dans une société conservatrice marquée par un manque de compréhension du rôle de la femme, qui est confinée à la maison. Elle conseille les autorités, les structures techniques et la population générale sur la manière d’obtenir les moyens matériels et financiers pour entreprendre des activités de développement. Selon elle, sur le plan culturel, il est essentiel d’être honnête, transparent et organisé pour gagner la confiance des gens, et courageux pour ne pas se laisser abattre.
Toute la communauté Sikasso tire avantage de son travail, qui a contribué à renforcer la cohésion sociale. Par son action, elle a permis aux marginalisés, aux femmes et aux enfants de faire valoir leurs droits. Or, plusieurs contraintes empêchent encore les Maliennes de se mobiliser et de participer aux activités de développement, et la recherche de fonds pour financer certaines activités reste souvent ardue. De plus, Cissouma a dû accepter que le travail social monopolise complètement sa vie familiale. Elle est mère de six enfants et détient un diplôme d’aide sociale qu’elle a obtenu en 1963.

Cissouma a investi beaucoup de son temps dans des activités de médiation et d’éducation pour le renforcement de la cohésion sociale. Elle a oeuvré dans les domaines de la solidarité et du développement social pendant 32 ans, soit de 1963 à 1995.

Coopération Multifonctionnelle des Femmes de Sikasso (CMFS)
Association de Solidarité des Femmes Minianka

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