Fatima Ahmed Mohamed Ibrahim (Soudan)


« J’exhorte toutes les femmes à mettre leurs efforts en commun pour faire réellement appliquer les déclarations des Nations Unies sur les droits des femmes et des enfants. »

Fatima Ahmed Ibrahim, née à Khartoum, est diplômée de l’Université de Cambridge. Elle a travaillé comme institutrice, puis a démissionné pour devenir bénévole à plein temps pour l’Union des femmes soudanaises, qu’elle a présidée en 1956. Son travail porte principalement sur l’égalité des sexes dans les processus décisionnels, la justice sociale et les droits humains. Fatima est la première femme à avoir été démocratiquement élue membre du parlement soudanais en 1965, et a reçu en 1993 le Prix des Nations Unies en reconnaissance de sa contribution remarquable à la promotion des droits humains.

Lorsque Fatima obtient son certificat de l’université de Cambridge, elle rêve de poursuivre ses études à l’Université de Khartoum, au Soudan, mais son père ne peut couvrir ses dépenses d’éducation supérieure. Elle devient donc professeur et épouse un célèbre militant politique et syndicaliste du Soudan, décoré plus tard d’une médaille pour la paix internationale en honneur de ses réalisations politiques exceptionnelles. En 1971, il est exécuté et Fatima est incarcérée, laissant à la charge de sa famille son enfant d’un an. En prison, on la prive de nourriture et de soins médicaux, et sa santé se détériore. Grâce à Amnistie Internationale, Fatima est toujours en vie. Elle est aujourd’hui présidente de la Fédération démocratique internationale des femmes (FDIF). Durant ses études secondaires, Fatima lance un bulletin sur les enjeux politiques et sociaux, comme les droits des femmes et le colonialisme britannique. Elle écrit sur les mêmes sujets dans les journaux et organise la première grève soudanaise menée par des femmes, en réaction aux politiques de l’administration britannique dans les écoles pour filles. La grève fait suite à l’abandon des sciences au programme, sous prétexte que les filles soudanaises sont moins aptes à étudier les sciences. Les organisatrices de la grève sont expulsées des écoles, pour être réadmises lors de l’examen international de l’université de Cambridge.
En 1952, Fatima veut transformer le FDIF en parti politique afin de protéger les droits sociaux et politiques des femmes, surtout leur droit d’être élues au parlement. Les partis islamistes, qui considèrent alors que la participation des femmes en politique et l’égalité des hommes et des femmes contredisent la charia, manœuvrent contre sa proposition. Fatima étudie la jurisprudence islamique avec soin et amène des contre-preuves.

Le travail de Fatima Ibrahim se concentre sur l’égalité des sexes dans les prises de décisions. Son programme vise également à lutter contre la discrimination raciale et l’exploitation des enfants. Elle veille à soutenir la participation des femmes en politique et dans la société civile.

Union des femmes soudanaises
Fédération démocratique internationale des femmes
CAVWYSHR, Comité contre la violation des droits des femmes, des jeunes et des étudiants (Committee Against Violation of Women’s, Youth and Students Human Rights)

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